Jeudi 20 septembre 2007 4 20 /09 /Sep /2007 22:23
 
A la lecture de 50° Déserts brûlants de Philippe Frey, où l’auteur raconte ses pérégrinations dans les coins les plus inhospitaliers de la planète tout en se livrant à des réflexions pertinentes sur le mode de vie moderne, je me faisais la réflexion que la course au temps est décidément ce qui caractérise au mieux notre société.
 
Cette prédominance du temps est si totale que se déplacer sans montre est devenu un anachronisme et que l’attente, quelle qu’en soit l’objet ou la durée, est vécue par beaucoup d’entre nous comme une situation intolérable, le signe d’une inefficience inadmissible. Qui n’a jamais pesté contre son bureau de poste ou, à l’occasion d’un voyage à l’étranger, contre l’indolence supposée des autochtones ?
 
Il faut dire que, de simple unité de mesure servant à rendre compte du mouvement de la Terre autour du soleil, les jours, heures et minutes sont devenus des étalons à l’aune desquels se mesure la performance. De nos jours, on dit d’un individu qu‘il est performant non pas lorsqu’il met en œuvre un savoir-faire avec une qualité inégalable mais lorsqu’il effectue un travail de qualité médiocre le plus rapidement possible. Le lent perfectionniste est au mieux quelqu’un qui n’a rien compris aux réalités de notre monde ; au pire un imbécile.
 
La contrainte du temps est à ce point intériorisée qu’il est possible de chercher en s’en détacher à l’occasion de moments privilégiés (congés, week-ends) tout en y restant soumis de façon inconsciente. Ainsi, il y a quelques semaines, je m’apprêtais à sortir pour une séance de jogging lorsque j’ai réalisé que je courais toujours avec une montre. Ceci n’avait aucun sens car je ne m’entraîne pas de façon « scientifique » en vue d’atteindre certains objectifs de compétition. Qui plus est, je connais suffisamment mon endurance pour savoir quand rebrousser chemin et je n’étais soumis à aucun impératif de planning . Depuis ce jour, ma montre reste à la maison lorsque je pars courir. C’est ce que j’appelle une victoire sur le temps !
Par pegaze - Publié dans : Dans la vie quotidienne
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Vendredi 17 août 2007 5 17 /08 /Août /2007 19:26
Je me suis souvent posé la question du rapport qui pouvait exister entre simplicité volontaire et radinerie. Lequel d’entre nous, tout précautionneux qu’il est dans ses achats, peut-il se targuer de n’avoir jamais été traité de « radin » ? Ce terme à la connotation péjorative guette en effet quiconque se désolidarise trop ouvertement du troupeau consumériste.
 
Pour ma part, j’aurais plutôt tendance à percevoir la radinerie comme une qualité, un comportement responsable visant à prendre en main son destin. Quoi de plus agaçant en effet que de voir à la télévision ces reportages montrant des cadres de 40 à 50 ans qui, ayant perdu leur emploi, se plaignent de ne pouvoir payer leur loyer ?
Une gestion rigoureuse de ses finances personnelles est donc positive en ce sens qu’elle permet de préserver son indépendance et sa liberté. Cette préoccupation verse cependant dans l’extrémisme lorsqu’elle ne poursuit plus comme finalité que l’accumulation .
 
L’argent pour l’argent, voilà ce qui guette tout radin ! La chose en soi  n’est évidemment en rien condamnable. Chacun est libre de mener sa barque comme il l’entend. Mais c’est bien cette tendance qui caractérise le mieux le radin.
 
La simplicité volontaire, qui implique une limitation de la consommation, échappe à ce travers. Cette démarche peut certes, lorsqu’elle ne s’accompagne pas d’une réduction du temps de travail ou d’une reconversion vers un métier moins « prenant », conduire à l’accumulation d’un patrimoine confortable. Mais même dans ce cas, le patrimoine n’est pas une fin en soi. Il peut servir par exemple à financer une reconversion future ou une retraite « anticipée » (j’éprouve quelques scrupules à utiliser le vocable « anticipée », tant la perspective de bénéficier un jour d’une retraite tout court, apparaît ténue pour ceux de ma génération qui font le pari de s’en remettre à la providence étatique).
 
Par ailleurs, la simplicité volontaire peut être motivée par des préoccupations diverses selon les individus : volonté de préserver l’environnement, rejet du consumérisme, anti-capitalisme, désir de se recentrer sur des valeurs jugées plus essentielles, lassitude par rapport au travail, …
 
La simplicité volontaire dépasse donc le cadre de la simple radinerie. Les raisons qui poussent les individus à se lancer dans cette démarche sont multiples. De votre côté, qu’est-ce qui vous a mené à la simplicité volontaire ?
Par pegaze - Publié dans : Réflexions théoriques
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Lundi 2 juillet 2007 1 02 /07 /Juil /2007 22:14
 
Bon nombre d’observateurs s’accordent à dire que la TVA « sociale » a joué un rôle central dans le reflux de la vague bleue entre les deux tours des dernières élections législatives. La polémique fait rage entre d’un côté une gauche qui s’offusque d’une possible atteinte au sacro-saint pouvoir d’achat des français et une droite qui voit dans cet outil fiscal un moyen de lutter contre les délocalisations.
 
Un petit rappel sur le fonctionnement de cette TVA « sociale » s’impose. En théorie, cette taxe pesant sur le consommateur final devrait permettre à l’Etat d’accorder des réductions de charges sociales aux entreprises tout en conservant un volant stable de recettes fiscales. Toujours en théorie, cette taxe devrait être indolore pour le consommateur de produits fabriqués en France (l’hypothèse est faite que la réduction du coût de revient sera intégralement répercutée par les entreprises sur le prix de vente HT et compensera de façon parfaite le surcoût de TVA payé par le consommateur final).
En pratique, le prix des produits importés devrait augmenter. Quant aux prix des produits fabriqués en France, des évolutions contrastées pourraient voir le jour : certaines entreprises joueront le jeu (aidées en cela par une concurrence féroce dans certains secteurs d’activité) et feront en sorte que le prix de vente TTC reste stable. D’autres préféreront accroître leur marge. D’autres entreprises employant peu de main d’œuvre (productivité par salarié élevée, pour employer un terme pudique) bénéficieront de baisses des charges sociales non suffisantes pour compenser, à marge constante, la hausse de TVA.
 
A mon sens, la question n’est donc pas de savoir si les prix augmenteraient en cas d’instauration de la TVA sociale mais plutôt de combien ils augmenteraient. Serait-ce pour autant une mauvaise chose ? Faut-il s’enfermer dans ce matérialisme éhonté qui consiste à voir dans l’augmentation du pouvoir d’achat une fin en soi, la clé du bonheur éternel ?
Outre l’impact potentiellement positif de cette mesure sur l’emploi en France, la baisse du pouvoir d’achat qui en résulterait constituerait une bonne nouvelle pour l’environnement. Car, on le sait, la consommation de produits manufacturés n’est pas sans poser problème.
 
Mais quitte à instaurer des mesures impopulaires, pourquoi ne pas être beaucoup plus ambitieux ? Plutôt que d’une TVA « sociale », c’est d’une TVA environnementale dont la France a besoin.
L’idée serait tout simplement de taxer les produits en fonction de leur impact environnemental, selon des barèmes très précis : émission de CO2 lors de la fabrication, du transport et de la consommation ; facilités de recyclage. Cette mesure favoriserait les productions locales (réponse au problème si médiatisé des délocalisations) et les entreprises les plus respectueuses de l’environnement.
 
Ces résultats escomptés légitimeraient amplement une amputation du pouvoir d’achat. Car une chose est sûre : la croissance éternelle de la consommation des produits manufacturés est physiquement impossible. Mieux vaut tenir compte de cette réalité et adapter nos outils fiscaux au plus vite. Ceci permettrait de bâtir des avantages concurrentiels décisifs pour les prochaines décennies, tout en préservant le consommateur boulimique d’une chute fort douloureuse lorsque les lois de la physique prendront finalement leur revanche sur celles de l’économie.
Par pegaze - Publié dans : Actualité
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Vendredi 22 juin 2007 5 22 /06 /Juin /2007 21:58
 
Le sport est un domaine qui déchaîne les passions : que ce soit à l’occasion des jeux olympiques, de la coupe du monde de football, des tournois de tennis ou des compétitions de cyclisme, le sport rassemble des milliards de téléspectateurs enthousiastes de par le monde.
Ce n’est pas de ce sport par procuration dont je souhaite parler ici mais plutôt des activités physiques que chacun peut pratiquer selon des intensités diverses afin d’entretenir son corps.
 
Le sport, en tant qu’activité effectuée pour elle-même dans un contexte particulier (lieu dédié, équipement spécial, règles du jeu éventuellement) est un phénomène essentiellement contemporain. L’homme s’est, certes, de tout temps livré à des exercices physiques. Ces activités constituaient cependant jusqu’au 20ème siècle (et abstraction faite d’une certaine élite qui pratiquait des activités sportives entre gens de bonne compagnie) une composante naturelle de la vie au sein de sociétés encore peu mécanisées. On se dépensait pour cultiver son lopin de terre, on marchait pour s’approvisionner en denrées diverses ou pour rendre visite à sa famille, on suait à grosse goutte pour découper du bois de chauffage. C’était une époque où les paysans accompagnaient le pas fougueux des bêtes attelées à la charrue, où artisans et ouvriers façonnaient le monde de leurs corps robustes.
 
Loin de moi la volonté d’idéaliser ces temps révolus (enfin, pas partout dans le monde) où le quotidien pouvait être physiquement éprouvant. La révolution industrielle et tertiaire est passée par là, avec ses bons et ses mauvais côtés. En ces temps d’économie virtuelle, le plus modeste de nos concitoyens a, nous assure-t-on, tous les atouts en main pour être le plus heureux des hommes. Grâce à l’énergie bon marché et au foisonnement des technologies, le citoyen moyen est assisté de dizaines d’esclaves mécaniques : électroménager, transports, moyens de communication, …
La médaille a toutefois son revers : que ce soit à la maison ou au travail, l’homme moderne ne se dépense plus physiquement. Les conséquences de tout ceci sur la santé publique (maladies cardi-vasculaires, diabète, …) sont bien connues et s’inscrivent dans l’ordre naturel des choses : le corps humain est un organisme vivant comme un autre qui a besoin de fonctionner pour … bien fonctionner !
Faire de l’exercice physique est une nécessité, une réponse à un besoin physiologique, au même titre que boire, manger ou dormir. Oui mais quel rapport avec la simplicité volontaire ? Quels conseils peut-on apporter en la matière ?
 
L’idée centrale (qui peut paraître révolutionnaire pour certains, en particulier pour les habitants de Paris et sa banlieue), c’est qu’il n’est absolument pas nécessaire de s’inscrire dans une coûteuse salle de sport plus ou moins éloignée de son domicile et à laquelle on se rend en voiture (syndrome du « je l’ai pas le temps », allié avec cette peur inconsciente d’arriver « fatigué » à la salle de sport et de ne pouvoir atteindre les performances escomptées sur le tapis roulant). Plusieurs possibilités alternatives (et ô combien plus savoureuses) sont offertes :
-         exercer un travail « physique » (rare de nos jours) ;
-         et / ou effectuer tous ses déplacements de proximité à pied ou à vélo ;
-         et / ou s’adonner à un sport de plein air.
 
Personnellement, j’applique la deuxième « solution » (je n’ai pas de voiture) et la troisième, dont je vais vous parler plus précisément maintenant.
Je cours depuis une dizaine d’années. Adolescent plutôt chétif, j’ambitionnais d’embrasser une carrière d’officier dans l’armée. Mes souhaits professionnels ont évolué entre temps mais j’ai conservé l’habitude de courir de une à trois fois par semaine pour rester en forme. Je fais en effet partie de ces millions de français qui travaillent dans le tertiaire et dont le seul exercice physique au travail consiste à se lever de son siège pour se rendre à des réunions.
 
La course à pied est à mon avis le sport idéal :
-         en un temps réduit (séances de 45 minutes à 1H15), il permet de retirer le maximum de bien-être physique (régulation de la tension et du cholestérol, renforcement des capacités cardio-vasculaires, amélioration du souffle) et psychique (courir permet de faire le vide dans sa tête, d’autant qu’un entraînement régulier conduit à une sensation d’euphorie en fin de séance) ;
-         courir est une activité respectueuse de l’environnement ;
-         courir est une activité bon marché, qui ne demande pour tout investissement que l’achat d’une paire de chaussures offrant un bon amortissement (réduction du risque de traumatisme au niveau des articulations).
 
Alors, qu’attendez-vous pour vous y mettre ?
Par pegaze - Publié dans : Dans la vie quotidienne
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Mardi 5 juin 2007 2 05 /06 /Juin /2007 22:47
Dernièrement, j’ai vu un très bon documentaire sur Arte : La Bataille du Vin. En une heure de temps, le reportage proposait un vaste panorama des techniques viticoles. L’opposition entre productions industrielles et terroir, le tout dans un contexte de concurrence mondiale exacerbée, donnait à réfléchir.
 
Le vin est tout un symbole : la vigne, la tradition, la patience, l’authenticité. C’est une production alimentaire à part dans l’imaginaire collectif. Par certains égards, le vin peut être considéré comme un art. Autant dire, que certaines scènes du documentaire m’ont littéralement scotché à mon fauteuil : vendanges nocturnes assistées de groupes électrogènes assourdissants, pelleté de copeaux de bois jetées dans des piquettes pour en anoblir le goût, transport du vin dans d’énormes camions citernes, réduction de la teneur en alcool au terme d’opérations à la précision chirurgicale. La viticulture se fait industrie.
 
La tradition et la qualité pèsent de moins en moins lourd face aux gains de productivité (et donc face à la baisse des coûts de revient comptables qui ne tiennent évidemment pas compte des dommages collatéraux subis par l’environnement) permis par le machinisme.
Le reportage montrait ainsi de petits producteurs en difficulté pour qui l’arrache des plants de vigne représentait une planche de salut : cet arrachage, qui permet de juguler la surproduction européenne, est en effet subventionné !
 
Ce mécanisme pervers, qui conduit à transformer d’honnêtes exploitants qui ne demandent qu’à vivre de leur travail en des réceptacles de la charité publique, n’est pas propre à la viticulture. Dans son ouvrage Les Sillons de la Colère, André Pochon dévoile toutes les subtilités de ce mécanisme appliqué avec tout autant de succès à la production de lait et de viande bovine : après la seconde guerre mondiale, les techniques d’élevages modernisées, fondées sur une utilisation efficiente de la pâture et du fourrage, ont permis à la France d’assurer son autosuffisance. A compter des années 70, l’Europe s’est découverte une vocation exportatrice et a décidé de passer à la vitesse supérieure : les producteurs ont été incités à abandonner le fourrage et la prairie (qui, si j’en crois les spécialistes, donnaient des rendements satisfaisants et assuraient une production saine et de qualité) au profit d’une alimentation mêlant maïs (produit en France) et soja (importé).
Cette intensification de l’élevage s’est faite au prix d’un appauvrissement des sols (la monoculture de maïs n’est pas la meilleure stratégie à adopter pour gérer ses terres en « bon père de famille »), d’une utilisation accrue des pesticides et des engrais (il faut bien compenser la diminution de la biodiversité et l’appauvrissement des sols), d’une détérioration des paysages (rasage des haies et des talus : il est plus simple de cultiver du maïs sur des surfaces planes et uniformes), d’une réduction de l’autonomie des producteurs (endettement pour l’achat des machines, dépendance toujours plus grande à l’égard des fournisseurs d’intrants), d’une chute de la qualité des produits (lorsque je pousse la porte de ma cantine d’entreprise, je ne peux que déplorer l’insipidité des aliments servis) et d’une surproduction titanesque.
Pour contrer cette surproduction, l’Europe en est réduite à imposer des quotas laitiers et à exporter les excédents à des prix plus que coûtants (pour le plus grand malheur des paysans du tiers monde).
 
Voilà où nous en sommes aujourd’hui. Il est grand temps que nos stratèges reviennent à la raison. Gageons que les préoccupations environnementales de nos concitoyens les y aideront.
Par pegaze - Publié dans : Ecologie
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Samedi 26 mai 2007 6 26 /05 /Mai /2007 23:20
L’embryon de conscience écologique en train d’émerger au sein des populations occidentales représente une opportunité commerciale très alléchante pour les entreprises. Cette opportunité – initialement un simple marché de niche - s’est transformée en boulevard depuis que Nicolas Hulot est parvenu, avec un talent indéniable, à faire de l’écologie un thème incontournable des JT de 20 heures.
Je ne remets nullement en cause cette action : la démarche apolitique de Nicolas Hulot est à mon sens salutaire. Il n’empêche que l’écologie se transforme en un argument marketing, avec tout ce que cela implique en terme d’approximations (pour ne pas dire de manipulations).
 
La propreté est devenue à la mode et sert de caution pour commercialiser des biens inattendus ; des voitures …. propres par exemple ! Que l’on ne s’y trompe pas : une voiture « propre » n’est rien d’autre qu’une voiture dont le rendement énergétique a été améliorée par rapport aux véhicules des précédentes générations.
Cette amélioration des rendements est une tendance de fonds dans l’histoire des technologies humaines. Elle produit des effets positifs : à performance constante, la technologie employée au niveau individuel permet de polluer moins. Néanmoins, n’en déplaise aux constructeurs automobiles, la pollution propre reste à inventer.
Tout le drame de notre civilisation, c’est que la sobriété énergétique vers laquelle tendent les technologies est contrecarrée par deux phénomènes : 
-         une augmentation du nombre d’utilisateurs (il n’est pas rare pour un ménage de posséder deux voitures, voire plus. Est-ce bien nécessaire ?) ;
-         une augmentation du nombre de technologies adoptées par le citoyen lambda (les climatiseurs, quasiment inexistants en France il y a 20 ans, se vendent comme des petits pains à l’approche de ces canicules dont les climatologues nous affirment qu’elles sont appelées à devenir notre lot quotidien en été). L’être humain est-il condamné à vivre assisté par des technologies énergétivores, là où un soupçon de bon sens personnel suffit dans bien des cas à résoudre les problèmes ?
 
L’idée de voiture « propre » permet en fait de déculpabiliser le consommateur, au moment même où sa conscience écologique naissante lui chuchote que la voiture peut engendrer quelques désagréments. Mais le paroxysme de la déculpabilisation me paraît atteint en matière de biocarburants.
Sur ce sujet, les médias grands publics font preuve de la plus effroyable des légèretés. La plupart du temps, ils présentent une vision idéaliste des choses ; tant et si bien qu’on en viendrait presque à penser que brûler des biocarburants dans son réservoir est un geste bénéfique ; une sorte de geste citoyen que tout humaniste se doit d’accomplir consciencieusement. D’ailleurs, n’y a-t-il pas le mot « bio » dans « biocarburant » ?
 
Dans la presse quotidienne dite de référence j’entrevois ici et là quelques articles sur les problèmes posés par la concurrence entre cultures alimentaires et cultures énergétiques : diable, c’est que l’espace n’est pas infini ! Cette question, pertinente au demeurant, ne fait qu’effleurer le problème : les engrais qui seront utilisés ne sont-ils pas des dérivés du pétrole ? Est-il opportun de vider encore un peu plus les sols de leur substance, de polluer davantage les nappes phréatiques pour produire des biocarburants ? Quel est le rendement énergétique de la filière biocarburants ? Le Brésil, Eldorado des biocarburants, est-il un si bel exemple (la forêt amazonienne recule, et ce n’est pas que pour fabriquer des tables) ?
La propreté est un concept relatif. C’est une notion le plus souvent trompeuse lorsqu’elle est utilisée afin de vanter les vertus supposées écologiques de biens de consommation courants. Faire la part des choses, déceler l’infime portion d’objets vertueux qui surnage au milieu d’un magma de gadgets aussi énergétivores qu’inutiles, n’est pas toujours évident. Mon seul conseil : lisez les opinions des uns et des autres et réfléchissez posément à tout ce qu’implique la technologie propre qui vous a été présentée sous des atours si séduisants. C’est à cette seule condition que vous pourrez agir en cohérence avec vos convictions profondes.
 
 
Par pegaze - Publié dans : Ecologie
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Vendredi 18 mai 2007 5 18 /05 /Mai /2007 21:58
La littérature financière nous enseigne que la dette est un instrument financier puissant dont les effets le sont tout autant : vertueuse lorsque le coût de l’endettement (c’est-à-dire le taux d’intérêt) est inférieur à la rentabilité du projet financé (dans ce cas, chaque euro emprunté contribue à l’enrichissement puisque chacun de ces euros investis dans le projet va non seulement permettre de payer les intérêts de la dette mais va également faire des petits), une dette mal gérée s’apparente à une planche savonnée : le moindre faux pas est sanctionné par une chute parfois douloureuse.

L’orthodoxie financière dont font preuves les entreprises vous paraît bien éloignée des préceptes qui guident votre engagement dans la simplicité volontaire ? Rien n’est moins sûr. Les entreprises sont des modèles de frugalité en matière de gestion de la dette. Voici quelques pistes à suivre : 

1) L’endettement est à proscrire, sauf s’il sert à financer des projets susceptibles d’engendrer un cercle vertueux
Pour un particulier, le seul projet qui vaille la peine d’être financé par endettement est l’achat d’une résidence principale. En effet, un tel achat permet de s’assurer un minimum de sécurité financière et évite de jeter de l’argent gagné à la sueur de son front par les fenêtres (mieux vaut rembourser tous les mois une certaine somme à la banque afin de devenir propriétaire de son logement au bout de x années, plutôt que de verser à un propriétaire cette même somme et de se retrouver aussi démuni qu’au départ au bout de ces x années).
Dans cette logique, les crédits à la consommation sont totalement exclus : ils servent à financer des biens de consommation qui n’apportent qu’une satisfaction éphémère, voire illusoire : le bonheur de posséder tel ou tel équipement dernier cri alors qu’on n’en a pas les moyens sera d’autant plus court que, passé l’euphorie des premiers jours, il faudra songer à rembourser la dette mais également les intérêts.

2) L’endettement doit s’effectuer au taux le plus bas :
Les banquiers se rémunèrent au risque : plus le risque est jugé élevé, plus le taux d’intérêt (qui représente le coût du crédit) appliqué sera élevé.
Voici une liste non exhaustive d’indicateurs de risques sur lesquels le banquier se base :
- un montant emprunté élevé (d’où l’intérêt de présenter un apport personnel le plus élevé possible) ;
- un travail instable et / ou mal rémunéré, un taux d’endettement élevé (il s’agit du rapport entre les mensualités à rembourser et les revenus mensuels de l’emprunteur);
- un emprunt contracté en vue de financer un projet que je qualifierais de non vertueux (les taux d’intérêt appliqués sur les emprunts immobiliers sont plus bas que ceux appliqués pour les crédits à la consommation) ;
- un emprunt sur longue durée (schématiquement, plus l’emprunt est contracté sur une longue période, plus les taux d’intérêt appliqués sont élevés. Note pour les puristes : pour la clarté du message, je fais volontairement abstraction des inversions de taux dans le temps). 

3)  Le taux d’endettement (rapport entre les mensualités à rembourser et les revenus mensuels de l’emprunteur) doit rester le plus bas possible :
Comme on vient de le voir un taux d’endettement bas permet de bénéficier d’un meilleur taux d’intérêt. C’est également, pour soi-même, un excellent moyen de conserver une certaine souplesse dans son budget. Mieux vaut en effet être excédentaire plutôt que l’inverse. Les banques fixent généralement à 30 % le taux d’endettement à ne pas dépasser. Il s’agit d’un maximum mais il est fortement recommandé, surtout pour les plus modestes d’entre nous de s’arrêter en deçà des 30 % : il est beaucoup plus difficile de rembourser 300 euros lorsque l’on gagne 1 000 euros par mois que de rembourser 900 euros par mois lorsqu’on en gagne 3 000.

4) La durée doit être la plus faible possible :
Comme on vient de le voir une durée faible permet de bénéficier d’un meilleur taux d’intérêt. Par ailleurs, plus la durée est élevée, plus la part de capital remboursée chaque mois est réduite. En contrepartie, la part des intérêts payés est élevée. Pour fixer les idées, à l’heure où la tendance est à l’allongement de la durée des crédits (20, 25 voire 30 ans), certains emprunteurs en viennent à payer leur logement 2 à 2,5 fois plus cher que ce qu’ils auraient payé s’ils avaient effectué un achat au comptant.

Pour résumer, je pense que la dette est un instrument financier qui a toute sa place dans une démarche de simplicité volontaire à condition de respecter les règles suivantes :
- L’endettement doit être réservé l’acquisition de sa résidence principale ; 
- S’endetter au meilleur taux (je recommande de consulter un courtier spécialiste du crédit immobilier qui saura vous proposer la meilleure offre) ;
- S’endetter sur la durée la plus faible possible (15 ans me paraît être la durée à ne pas dépasser : le poids des intérêts augmente de façon exponentielle avec la durée) ;
- Présenter au banquier un apport personnel maximum : le confort financier dégagé par le biais de votre choix de vie devrait vous faciliter la tache ;
- Le taux d’endettement (rapport entre les mensualités à rembourser et les revenus mensuels de l’emprunteur) doit être le plus bas possible afin de conserver une certaine flexibilité financière ;
- Exiger du banquier une exonération totale de pénalité en cas de remboursement anticipé partiel ou total de l’emprunt : la dette a un coût, mieux vaut donc la rembourser au plus vite (par le biais de remboursements anticipés multiples et décidés au coup par coup), sans pour autant menacer l’équilibre de son budget ou se créer un stress inutile (taux d’endettement volontairement bas).
Par pegaze - Publié dans : Dans la vie quotidienne
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Vendredi 18 mai 2007 5 18 /05 /Mai /2007 21:54
Après avoir musardé en fonction de ses humeurs sur les sites francophones (« simplicité volontaire ») ou anglo-saxons (« simple living »), l’internaute intéressé par le sujet pourrait être tenté de tirer des conclusions hâtives : la simplicité volontaire pourrait être perçue comme une fuite face aux réalités matérielles ; un refuge pour les naufragés de la vie désireux de faire passer pour un choix personnel la frugalité que leur impose leur situation économique.
Cette conclusion hâtive pourrait être étayée par une analyse sociologique sommaire : ces partisans de la simplicité volontaire ne sont-ils pas avant tout des opposants à l’ordre établi ? Ne sont-ce pas les mêmes qui un jour protestent contre le grand capital ; qui le lendemain battent le pavé en compagnie d’apôtres du matérialisme afin de réclamer du pouvoir d’achat supplémentaire ; qui le surlendemain réclament une hausse des minima sociaux ?
Je grossis volontairement le trait mais force est tout de même de constater que ces thèmes reviennent de façon assez récurrente sur le Web. D’où la question volontairement provocatrice que je pose : la simplicité volontaire est-elle l’apanage des « pauvres » ?

Pour y répondre, le lecteur qui conserve un souvenir ému de ses dissertations philosophiques de lycée ne sera pas surpris que je désirer m’attarder sur la définition des concepts. Le terme de « pauvres » est ici central. Je m’en tiendrai ici à la définition fort restrictive selon laquelle un pauvre, en Occident, est une personne qui n’a pas assez d’argent (la pauvreté intellectuelle, affective, spirituelle, … sont hors du champ de la présente réflexion). Le « pas assez » pose problème car chacun conviendra qu’il s’agit là d’une notion des plus relatives. Et puis qui serait donc assez fou pour affirmer qu’il possède trop d’argent ?
De façon plus précise, disons qu’un pauvre est une personne dépourvue de capital, non hébergée gratuitement, et dont les ressources financières récurrentes lui permettent, dans le meilleur des cas, de subvenir à ses besoins primaires : logement modeste, nourriture simple, garde-robe excluant tout superflu et composée d’habits non signés, frais de santé pris en charge par la sécurité sociale.
Là encore, le lecteur pourra rétorquer à juste titre que les termes « modeste », « simple », « superflu » sont entachés de subjectivité. Pour faire simple et avancer dans le raisonnement, les chiffre suivants me paraissent raisonnables afin de définir le seuil de pauvreté : un smic pour un célibataire, 1 500 euros nets pour un couple.

Au regard de cette définition, chacun conviendra qu’un « pauvre », partie prenante d’une société où l’argent est le nerf de la guerre, à tout intérêt à cibler clairement ses priorités afin de mener une vie heureuse. Cette recherche intérieure peut déboucher sur de multiples réponses : engagement politique ou associatif, religiosité, … Engager une démarche de simplicité volontaire constitue l’une des réponses possibles.
On peut légitimement s’interroger sur le fait de savoir si cette démarche n’est pas, finalement, la résultante des contraintes qui s’exerce sur le démuni. Pour parler clair : le « pauvre » se serait-il engagé dans une telle voie s’il avait été « riche » ? Pas nécessairement. Je pense même que la probabilité qu’il l’eut fait aurait été extrêmement faible, tant la simplicité volontaire demeure une démarche contre-nature dans nos sociétés modernes.

Peut-on pour autant parler d’une démarche contrainte ? Le terme « simplicité volontaire », de par son énoncé même, affirme que non. A juste titre selon moi. S’engager dans une telle démarche suppose en effet un réel travail de réflexion et nécessite une certaine force de caractère : il est tellement plus facile de suivre le troupeau, d’obéir aux injonctions publicitaires et de se laisser tenter par un crédit à la consommation qui va non seulement permettre de s’acheter un écran plasma capable de rendre jaloux tous ses compagnons d’étable mais qui offre également un lecteur DVD gratuit pour toute souscription dans un délai de deux semaines.

Mais qu’en est-il des « riches » et des « très riches », de tous ces individus qui subviennent à leurs besoins primaires sans sourciller et peuvent s’offrir du superflu jusqu’à plus faim ? Les portes de la simplicité volontaire leur sont-elles fermées ? Bien évidemment non. Cette démarche personnelle transcende les barrière sociales. Ses motivations sont nombreuses : recherche de sécurité financière, besoin de sérénité, envie de « lever le pied », préoccupations écologiques, rejet du matérialisme, …

Beaucoup moins évidente est la réponse à la question suivante : peut-on demeurer « riche », voire s’enrichir, tout en adhérant à la simplicité volontaire ? Pour bon nombre de sites internet consacrés au sujet, il semble bien que non. Ce n’est pas écrit tel quel mais cela se déduit aisément tant le rejet du capitalisme et l’idée selon laquelle la simplicité volontaire impliquerait nécessairement une réduction maximale du temps de travail apparaissent comme des éléments fédérateurs.
Je ne porte pas de jugement de valeur sur cette vision des choses. Je m’inscris cependant en opposition avec l’idée selon laquelle simplicité volontaire rimerait avec pauvreté volontaire. La simplicité volontaire m’apparaît plus comme une démarche raisonnée visant à gérer « en bon père de famille » ce bien commun qu’est la nature, à maximiser son propre bien-être physiologique (par le repos, le sport), psychologique (le détachement matériel est source de sérénité), intellectuel (comme toute démarche philosophique, la simplicité volontaire amène à se poser un certain nombre de questions et à consacrer du temps à la lecture et aux débats d’idées).

La conséquence de tout ceci se traduit, pour les personnes ayant fait le choix de maintenir un niveau d’activité rémunérée suffisamment élevé, par un enrichissement financier. Certains pourront s’étonner d’un tel choix de vie et se demanderont quel esprit masochiste se cache derrière celui ou celle qui mène une vie simple et travaille plus que nécessaire tout en accumulant du capital. Les motivations peuvent être nombreuses : recherche d’une sécurité financière, goût pour le travail, convictions religieuses (cf. l’Ethique protestante du capitalisme de Weber), projet de retraite anticipée, …

On le voit, la simplicité volontaire recouvre des réalités diverses, bien éloignées de la vision monolithique que l’on peut percevoir au premier abord. Elle transcende les statuts sociaux.
Par pegaze - Publié dans : Réflexions théoriques
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  • : écologie Simplicité volontaire Actualité
  • : Ce blog consacré à la simplicité volontaire a pour ambition de donner à réfléchir : analyses théoriques (le travail, la richesse, …) ; réflexions sur des aspects pratiques (la voiture, la dette, l’habitat…). Démarche philosophique insérée dans une réalité sociale complexe, la simplicité volontaire conduit celui qui y adhère à s’intéresser à de multiples sujets connexes. Ce blog pourra donc, au gré de mes humeurs et de l’actualité du moment, aborder des thèmes aussi variés que la politique, l’
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