Simplicité volontaire et radinerie
Je me suis souvent posé la question du rapport qui pouvait exister entre simplicité volontaire et radinerie. Lequel d’entre nous, tout précautionneux qu’il est dans ses achats, peut-il se targuer de n’avoir jamais été traité de « radin » ? Ce terme à la connotation péjorative guette en effet quiconque se désolidarise trop ouvertement du troupeau consumériste.
Pour ma part, j’aurais plutôt tendance à percevoir la radinerie comme une qualité, un comportement responsable visant à prendre en main son destin. Quoi de plus agaçant en effet que de voir à la télévision ces reportages montrant des cadres de 40 à 50 ans qui, ayant perdu leur emploi, se plaignent de ne pouvoir payer leur loyer ?
Une gestion rigoureuse de ses finances personnelles est donc positive en ce sens qu’elle permet de préserver son indépendance et sa liberté. Cette préoccupation verse cependant dans l’extrémisme lorsqu’elle ne poursuit plus comme finalité que l’accumulation .
L’argent pour l’argent, voilà ce qui guette tout radin ! La chose en soi n’est évidemment en rien condamnable. Chacun est libre de mener sa barque comme il l’entend. Mais c’est bien cette tendance qui caractérise le mieux le radin.
La simplicité volontaire, qui implique une limitation de la consommation, échappe à ce travers. Cette démarche peut certes, lorsqu’elle ne s’accompagne pas d’une réduction du temps de travail ou d’une reconversion vers un métier moins « prenant », conduire à l’accumulation d’un patrimoine confortable. Mais même dans ce cas, le patrimoine n’est pas une fin en soi. Il peut servir par exemple à financer une reconversion future ou une retraite « anticipée » (j’éprouve quelques scrupules à utiliser le vocable « anticipée », tant la perspective de bénéficier un jour d’une retraite tout court, apparaît ténue pour ceux de ma génération qui font le pari de s’en remettre à la providence étatique).
Par ailleurs, la simplicité volontaire peut être motivée par des préoccupations diverses selon les individus : volonté de préserver l’environnement, rejet du consumérisme, anti-capitalisme, désir de se recentrer sur des valeurs jugées plus essentielles, lassitude par rapport au travail, …
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